Sandrine Martinet-Aurières : « Toujours l'envie d'apprendre et de progresser »
Quintuple médaillée paralympique, la judoka du PSG Judo s’apprête à faire son retour à la compétition ce mardi à Tbilissi, avec de nouveaux repères et une préparation repensée. Nous lui avons posé 5 questions.
Athlète majeure du para judo français, Sandrine Martinet-Aurières, combattante Rouge & Bleue poursuit son parcours au plus haut niveau. Désormais engagée en -52kg chez les J2 (malvoyants), elle aborde une nouvelle phase de sa carrière, marquée par un changement de cadre de vie et une préparation optimisée. Avant le début de la World Cup de Tbilissi — qui s’inscrit dans le circuit des Grands Prix, équivalent des Grands Slams en para judo, la Parisienne se présente avec ambition et lucidité. Elle revient sur sa préparation, son quotidien à La Réunion et les clés de sa longévité.
Il y a quelques mois, tu es partie vivre à La Réunion. Comment se passe cette nouvelle vie ?
Depuis mon arrivée à La Réunion, tout se passe comme prévu. Le cadre est très agréable et surtout, je ressens beaucoup moins de fatigue au quotidien. Tout est plus proche : la préparation physique se fait principalement à la caserne, une séance par semaine au CREPS, et les entraînements de judo ont lieu au dojo régional, également au CREPS. Cela me permet de limiter les déplacements, de mieux récupérer et de dégager plus de temps pour ma famille. Cet équilibre est précieux et me met dans de bonnes dispositions pour performer. Le changement de catégories de poids IBSA a aussi été un vrai plus. Je suis désormais en -52kg, ce qui signifie que je n’ai plus à suivre de régime strict. Je fais attention, bien sûr, mais cela n’a plus rien à voir avec ce que je devais faire auparavant. C’est un confort supplémentaire au quotidien. Sur place, j’arrive à trouver de l’opposition, notamment en m’entraînant avec des garçons. Et lorsque je reviens en métropole, je vais à l’Institut du judo pour augmenter l’intensité avant les compétitions.
Tu es de retour à Tbilissi, où tu avais décroché une médaille d’argent aux championnats d’Europe en octobre. Que s’est-il passé depuis ?
Avant ces championnats d’Europe, je m’étais blessée au genou. Cette blessure m’a permis de prendre conscience que je devais revoir certains aspects de ma préparation, notamment dans l’enchaînement des semaines et la gestion des charges de travail. La récupération a pris du temps, et j’ai ensuite connu une autre alerte au genou droit, mais bien plus légère. Depuis janvier, tout est rentré dans l’ordre. J’ai pu enchaîner plusieurs semaines d’entraînement sans interruption. Je me suis également acclimatée à la chaleur de La Réunion, ce qui faisait partie intégrante de ma préparation physique. Aujourd’hui, j’arrive sur cette compétition avec de bonnes sensations.
Comment t’es-tu préparée pour ce retour à Tbilissi ?
L’objectif principal était d’arriver en pleine possession de mes moyens physiques. Avec l’expérience, la gestion des blessures devient essentielle. Je voulais aborder cette compétition avec un corps prêt. Sur le plan technique, j’ai travaillé à la fois sur mes points forts, pour retrouver des sensations, et sur des axes plus spécifiques, notamment en fonction de certaines adversaires. Ces compétitions sont aussi des moments pour tester, ajuster et affiner la tactique. Tant que la ranking paralympique n’a pas débuté, cela permet d’explorer de nouvelles options et d’adapter mon judo en fonction des profils rencontrés.
Quels sont tes objectifs pour cette nouvelle saison ?
Les objectifs restent les mêmes : être au minimum sur les podiums des compétitions auxquelles je participe. Ensuite, en ligne de mire, il y a un titre européen et, pourquoi pas, un titre mondial. Je suis toujours dans le même état d’esprit : quoi qu’il arrive, j'y vais pour gagner. La saison va aussi s’inscrire dans une logique de projection vers les Jeux. La ranking devrait débuter au mois de juillet au Brésil. Je ne sais pas encore si je participerai à cette première échéance, mais ensuite l’enchaînement est déjà bien identifié : les championnats d’Europe en août, les championnats du monde en septembre, puis un Grand Prix en Égypte en fin d’année.
Tu évolues au plus haut niveau depuis plus de 20 ans. Quel est le secret de ta longévité ?
C’est avant tout l’envie. L’envie d’apprendre, de progresser et de relever de nouveaux défis. Le judo est un sport très riche, techniquement et humainement, et cela me pousse à continuer. Mon installation à La Réunion m’a apporté une nouvelle dynamique, un nouveau souffle avec un cadre de vie plus stable. À chaque paralympiade, je me fixe de nouveaux objectifs, j’essaie d’apporter de nouvelles techniques, en tachi-waza comme en ne-waza.
J’aime toujours autant gagner et je prends du plaisir à m’entraîner. Tant que c’est le cas et que je peux performer, je continue. En parallèle, je passe également un CQP pour pouvoir enseigner. C’est important pour moi de transmettre ce que j’ai appris tout au long de ma carrière, auprès de mes entraîneurs et des personnes qui m’ont accompagnée
Mardi 24 mars
Phases éliminatoires : 7H*
Phases finales : à définir
*heure française
Diffusion
La World Cup Tbilissi est à suivre en direct sur la chaîne YouTube Judo IBSA. Les temps forts de la compétition sont à suivre sur les comptes Instagram et X du PSG Judo.